La bête originelle

Publié le par Mlle Lambert

Elle m’a rendu fou. Complètement fou.
Le cadavre d’une femme est découvert dans son appartement, sa tête remplacée par celle d’un grand chien noir.
Parallèlement, une patiente souffrant de schizophrénie paranoïde dessine avec obstination des corps mutilés, munis de parties animales. Des hybrides.

Le lieutenant-détective Marc Vézina mène l’enquête, l’obligeant à s’égarer dans les méandres d’un esprit dément et méthodique : celui de la bête originelle.

Publicité

L'avis de Mlle Lambert :

** ALERTE COUP DE CŒUR **

Ah Simon! Non mais quel auteur épatant! Et cette fois-ci, il est de retour avec l’un des meilleurs romans policiers qu’il m’ait été donné de lire jusqu’à maintenant!

Il nous garde en haleine tout au long de l’histoire! Impossible de s’imaginer ce que l’auteur nous a préparé comme dénouement. J’ai rarement lu une histoire aussi sordide. Pour ceux qui ont le cœur sensible, ce roman n’est définitivement pas pour vous… Mais pour les autres, voici le roman que vous devez ABSOLUMENT lire sans plus tarder!

Ces temps-ci, je lis principalement le soir – quelques chapitres avant de dormir alors que bébé est dans les bras de Morphée – et, à plusieurs reprises, j’ai éteint la lumière et tenté de m’endormir alors que j’avais encore le cœur qui battait à toute vitesse.

La bête originelle est un récit complètement déstabilisant. Une histoire crue, vulgaire et sordide, mais ô combien intrigante!

xx

Auteur : Simon Rousseau
Éditions : AdA
Parution : Avril 2018
Pages : 327

Publicité

En temps normal, elle l’aurait traité de trou du col, de salaud; cette fois pourtant, elle préféra laisser tomber. Il avait gagné. Sur toute la ligne. Cet homme l’effrayait autant qu’il l’attirait.

- Est-ce qu’on va se revoir?

Bon Dieu qu’elle se sentait stupide de poser une telle question, mais cela avait été plus fort qu’elle. L’amalgame de sensations vécues pendant qu’il la baisait… Elle ne se souvenait pas d’avoir ressenti cela auparavant. Il répondit d’un ton indifférent :

- Si tu viens prendre un verre au bar, y a de bonnes chances, oui.

Elle quitta le condo sans rouspéter davantage, sachant fort bien que cela n’aurait servi à rien.

Jacob, toujours nu, soupira, jeta son condom souillé et fonça sous la douche. Il devait absolument se laver, se départir de la souillure qu’il venait d’accumuler. Non pas qu’il croyait que Daphnée fut « sale »; au contraire, vu ses médiocres compétences en fellation, elle n’avait pas dû partager sa couette avec beaucoup d’hommes. Il désirait plutôt se purger de ses propres immondices, celles dont il venait encore une fois d’être témoin. C’était limpide. Son éjaculation n’était pas le résultat de l’acte sexuel en soi; elle était survenue grâce à sa domination sur sa partenaire. La prochaine fois, ce serait peut-être la fois de trop. Quand allait-il franchir la limite? Quel genre de spasme orgasmique vivrait-il s’il cessait de s’imposer des barrières?

Non, il ne devait pas s’imaginer de telles horreurs. Il ne devait pas devenir comme eux. Il ne devait pas lâcher la bête. S’il la libérait, il ne serait jamais capable de la contenir à nouveau. Jusqu’à présent, personne parmi ceux souffrant de sa perversion n’avait réussi à accomplir un tel exploit. Les malades comme lui, une fois leurs symptômes dévoilés au grand jour, devaient être arrêtés, jugés et emprisonnés.

Qui de mieux placé pour le savoir qu’un policier comme lui?

Extrait p.84

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans Polar, LittQc

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article