La guerre des arts

Publié le par Señor Sanchez

Lorsqu’une civilisation extraterrestre menacée d’extinction culturelle kidnappe tous les artistes de la terre, l’humanité doit apprendre à vivre dans un monde sans arts. Tandis que les artistes traversent de nombreuses galaxies pour initier le peuple des Isayhellos au terrifiant pouvoir de la beauté, les autres Terriens désemparés sont condamnés à écouter en boucle des vieux hits de CCR… et à se débrouiller sans plombiers.

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L'avis de Señor Sanchez :

Lorsque je lis un livre, il m’arrive assez rarement de laisser paraître mes émotions. La blague est bonne, même excellente, ou la mort du personnage est poignante, mais rien n’y fait; je reste impassible. Certains croient que je ne me laisse pas happer par l’histoire, mais la raison de cette absence d’émotions est bien plus simple: lire me demande beaucoup de concentration. Ayant trouvé la source du problème, j’ai essayé tant bien que mal de trouver la solution… jusqu’à ce que je découvre que quelqu’un l’avait trouvée avant moi: Francis Desharnais. Son livre La guerre des arts m’a fait rire aux éclats, sonore et sincère.

Avec La guerre des arts, Francis Desharnais nous raconte une histoire «surréelle» dans sa forme, mais bien plus près de la réalité dans son fond. Le récit est sarcastique, irrévérencieux, mais toutefois accompagné d’illustrations au look simpliste, minimaliste. En effet, c’est tout simplement l’histoire d’une bande d’extraterrestres qui débarquent sur Terre afin d’enlever tous les «artistes», au sens large du terme; des poètes jusqu’aux designers d’intérieur. Les Terriens se retrouvent donc sans peintres, sans sculpteurs, sans auteurs-compositeurs-interprètes pour apporter une touche de beauté au quotidien sombre et routinier. Grande perte pour l’humanité? Pas tant que ça…

La guerre des arts est un court roman graphique qui réussit, en 96 pages, à imposer une réflexion sur la place de l’art dans nos vies. Bon, «imposer» est peut-être un bien grand mot. Disons plutôt que c’est une réflexion qui s’immisce doucement au fil d’un récit humoristique, le tout soutenu par très peu d’illustrations en mode répétition. Je m’explique: ce livre ne contient que dix cases différentes qui sont répétées et réutilisées de manière à accentuer son caractère minimaliste. La même case peut revenir à différents moments dans le récit, mais jamais dans le même contexte, évitant ainsi un effet rébarbatif. J’étais sceptique au début, mais je dois avouer que c’est un exercice de style habilement maîtrisé par l’auteur qui, voyant le succès de ces «variations sur un thème», réitérera l’expérience avec Les premiers aviateurs, co-écrit avec Alexandre Fontaine Rousseau aux Éditions Pow Pow (2016).

En résumé, c’est beau, bon, intelligent, audacieux, court, mais punché… autrement dit, c’est du Pow Pow.

Auteur : Francis Desharnais
Éditions : Pow Pow
Parution : Ocobre 2014
Pages : 96

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Extrait visuel

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Crédit Photo : Señor Sanchez

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Publié dans BD, LittQc

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