Ne me regarde pas sur ce ton

Publié le par Mlle Lambert

Tout semble aller pour le mieux dans la vie de Laure. Elle amorce sa deuxième année au CÉGEP. Elle est studieuse, travaillante, issue d’une bonne famille, mais voilà qu’elle manque des cours et accumule du retard dans ses travaux. Quand son meilleur mi annonce de surcroît qu’il part étudier à Paris, Laure se sent vide et perdue. Heureusement, il y a ce mystérieux admirateur secret, cette dame si gentille à l’arrêt d’autobus et l’arrivée de cet étudiant en arts plastiques. Et si l’amour n’était pas que pour les autres?

L'avis de Mlle Lambert : 

Laure se sent vide. Elle a perdu ses repères. Elle ne trouve aucun réconfort et n’éprouve aucun sentiment d’appartenance envers sa famille. Elle a perdu l’intérêt d’aller en classe alors qu’elle a toujours attendue impatiemment la rentrée scolaire. Son faible revenu se fait ressentir. Elle a développé une grande affection pour son mp3. Et, pour couronner le tout, Mathis, son meilleur ami, son seul confident et celui qui met un peu de bonheur dans son quotidien, part étudier à Paris… Laure s’enfonce…

Un admirateur secret, une vieille dame à l’arrêt d’autobus et un nouvel étudiant en art plastique… Trois éléments qui viendront changer le quotidien de la jeune fille.

Dès les premières pages, j’ai sauté à pieds joints dans l’histoire. L’ambiance est parfaite pour ce début d’automne, l’histoire se lit rapidement, Laure est attachante et la plume fluide et impeccable de l’auteure m’a immédiatement charmé et accroché! Un vrai bonheur!

Bref, si vous avez envie d’une belle histoire touchante, tant par ses personnages – la vulnérabilité et l’authenticité de Laure m’ont beaucoup touché – que par ses réflexions tellement vraies, c’est ce roman qu’il vous faut!

Ce n’est pas nécessairement un roman hyper joyeux, mais c’est une oeuvre qui fait un bien fou et qui nous donne le goût de sourire lorsqu’on tourne la dernière page de l’histoire.

xx

Auteure : Élyse Poudrier
Éditions : Québec Amérique
Parution : Octobre 2012
Pages : 362

J’ai beau m’ausculter l’intérieur de A à Z, je ne vois rien. Rien qui puisse expliquer le vide immense qui m’habite.
Je ne suis pas en train de surmonter une épreuve difficile. Je n’ai pas subi d’échec cuisant dernièrement. Je n’ai pas déménagé. Personne de mon entourage n’est décédé dans les derniers mois. Je n’ai pas vécu d’expérience traumatisante. Je n’ai pas rencontré de petits êtres rayés bleu et vert parlant un drôle de dialecte.
Tout suit son cours. Tout dans mon existence s’enchaîne et s’emboîte comme il se doit. Comme tout le monde souhaite qu’il soit.
Mes études.
Mon travail.
Mes amis.
Ma famille.
Toutes ces sphères de ma vie s’encastrent parfaitement les uns dans les autres.
Comme un grand mouvement de ballet. C’est beau. C’est apaisant. C’est même émouvant.
Mais j’ai tout de même l’impression de perdre mes repères. Même s’ils ne bougent pas. Solange, Mathis et Charles sont toujours là. Les murs du cégep continuent à m’entourer. L’Incipit n’a pas déménagé. Mes sœurs s’acharnent à m’appeler. Mes parents ne m’ont pas reniée.
Tous les éléments sécurisants de ma vie perdurent à mes côtés.
Mais moi, je persiste à vouloir m’égarer.

Extrait p.45

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans LittQc, Jeunesse, Contemporain

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