Tuer la poule

Publié le par Mlle Lambert

Après des années de travail, l’auteure Katia de Luca a enfin une vie aussi palpitante que celle des héroïne de ses romans : des apparitions fréquentes à la télévision et dans les magazines, de longues files de lectrices devant sa table de signatures lors des salons du livre, un amoureux romantique, du prosecco à volonté… Mais une série d’échecs et de scandales déboulonnent sa carrière et bouleversent son existence, la laissant seule, sans gloire et sans le sou.

Certaines se seraient écrasées. Katia de Luca, elle, décide de contre-attaquer. Elle invite ses trois rivales – les stars de la Chick lit au Québec – dans un chalet au fond des bois. Son prétexte : bien manger, bien boire, discuter projets littéraires. Son but véritable : organiser un terrible accident qui deviendra le sujet de son prochain livre, voué à devenir un best-seller, assurément.

L'avis de Mlle Lambert :

Au début, j’ai trouvé que l’histoire était un peu longue à commencer. Oui on apprend à connaître Katia et on nous met en contexte, mais j’avais hâte d’arriver dans le vif du sujet lorsque les filles seraient toutes réunies au chalet tel que mentionné dans le synopsis ;)

Par la suite, j’ai compris que Tuer la poule est un roman qui se déroule en quatre temps et où la quatrième partie est la plus attendue. On fait durer le plaisir ;) Avant ça on nous met en contexte, on apprend à connaître les personnages et leur histoire, on élabore le plan et… BOUM! On entre dans le vif du sujet pour un dernier 100 pages plein de rebondissements et assez loufoque!

Alors? Comment s’y prendra-t-elle? Va-t-elle avoir le courage de mener son «projet» à terme? Si non, comment va-t-elle se sortir de ce pétrin? Si oui, s’en sortira-t-elle indemne?

Car, bien qu’on pourrait trouver un peu trop intense le fait que Katia veule tuer sa rivale – carrément – je peux vous dire qu’on apprend bien vite à l’haïr également. On embarque à pieds joints dans les idées drastiques et intenses de Katia. Notre mission : «débarrasser la surface de la Terre» de Laurence Turcot! ;)

Bref, Karine Glorieux exploite très bien la chick lit noire, où la vengeance et le meurtre sont mis à l’avant plutôt que l’amour, la sentimentalité et les chaudes températures du sud (tout en restant, ma foi, très léger!). On est complètement ailleurs ici, tout en étant encore dans la chick lit. L’auteure a su se démarquer dans un genre littéraire qui, à mon avis, regorge de déjà-vu.
Chapeau!

xx

 

Auteure : Karine Glorieux
Éditions : Québec Amérique
Parution : Mars 2017
Pages : 292

Katia de Luca n’avait pas grand-chose de la tueuse en série – ni même de la tueuse tout court. Elle n’avait pas une tête d’illuminée, pas de batte de baseball cachée sous son lit pour casser des jambes ou éclater des crânes, pas d’arsenal d’armes à feu alignées dans un coffre-fort secret, pas de gants de caoutchouc pour éviter de laisser des empreinte digitales avant, pendant et après l’acte. Elle ne cachait pas de collection de crânes d’écureuils dans un vieux coffre en métal, elle n’écrasait pas des coccinelles pour entendre le bruit de leur carapace qui se fend – ou, en tout cas, ça lui arrivait assez rarement, dans les moments de grand ennui seulement, les jours de canicules. La simple vue d’une goutte de sang lui faisait tourner la tête et, avant l’histoire de Lyly Wong, elle avait souvent pensé devenir végétarienne en jetant des restes de poulet à fleurs vertes oubliés au fond de son frigo.

Extrait p.154

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans Chick-Lit, Humour

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