Pivot

Publié le par Mlle Lambert

Dans l’unité psychiatrique de l’hôpital Sainte-Marie, à Montréal, Hadrien Jalbert, alias Pivot, attend la fin d’un énième enfermement injustifié manigancé par l’organisation secrète qui le persécute depuis des années. Ses compagnons d’infortune, eux, sont bel et bien fous. Il y a Jésus, un jeune Haïtien persuadé d’être le Christ, le Chat de ruelle, clochard sans âge qui converse avec des gnomes invisibles, Jonathan Livingston, interné après avoir voulu s’envoler du pont Jacques-Cartier et, surtout, Mary, une Inuite du Nunavik hantée par les mourants qu’elle entend hurler dans les murs. Pivot, qui doit son surnom à son éloquence ne trouve pas les mots pour la réconforter.

L'avis de Mlle Lambert :

Premier constat lorsque j’entame ce roman : il n’y a pas de chapitre (!!), que de petites coupures représentées par une petite étoile au centre de la page.

Malheur… J’ai horreur des romans sans chapitre…

MAIS! Force m’est d’avouer que j’ai bien aimé finalement! Mes premières craintes étaient injustifiées et j’en suis bien heureuse. Aucune longueur ne s’est fait ressentir et je n’ai éprouvé aucun manque par rapport aux chapitres.

Marie-Eve Cotton nous offre ici une histoire complètement unique. Une histoire légèrement déstabilisante sous une plume impeccable (à mon humble avis). Je dis « déstabilisante », car il est troublant de se retrouver dans la tête d’un psychotique, car sa réalité n’est pas nécessairement la nôtre.

Au fil du roman, j’ai développé une grande compassion pour les différents personnages. La folie est une triste réalité et passer un moment à côtoyer de si près la maladie mentale ne nous arrive pas tous les jours. J’ai adoré mon expérience et j’ai trouvé cela très enrichissant. Bien que l’histoire de Pivot soit fictive, on comprend mieux l’univers de la psychose.

Personnellement, j’ai trouvé ce premier roman de Marie-Eve Cotton excellent et je suis contente d’avoir découvert une nouvelle plume purement québécoise!

xx

Auteure : Marie-Ève Cotton
Éditions : VLB Éditeur
Parution : Mars 2017
Pages : 241

- Docteure Fournier vous attend dans la trois!
Quand pivot entre dans la salle d’entrevue, sa psychiatre feuilletait son dossier médical :
- Bonjour Monsieur Jalbert! Venez vous asseoir.
- J’espère que les rapports des infirmières à mon sujet sont bons, Docteure. Elles sont toutes paranoïaques, vous savez…
Fournier était sa psychiatre depuis dix ans. C’était une femme d’une cinquantaine d’années, au tempérament placide, plutôt terre à terre, dont les accès autoritaires, inhérents à son métier, étaient tempérés par l’ai bénin que lui conféraient ses paupières tombantes et ses bajoues de bon saint-bernard. Elle n’était pas très belle. Pour tout vous dire, elle faisait « grosse matante d’Outremont », avec ses cheveux en boule, ses tailleurs de chez Holt Renfrew, son embonpoint croissant et ses élans maternels affectés. Heureusement, son humour intelligent et pince-sans-rire desserrait périodiquement le corset de sa bourgeoisie constipée.

Extrait p.50

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans Général, LittQc, Contemporain

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