Contrecoups

Publié le par MissDupont

Matthew a 19 ans et c'est un jeune homme hanté. Hanté par la mort de Simon, son grand frère, dix ans auparavant. Hanté par la culpabilité. Matthew souffre de schizophrénie, une maladie qui «ressemble à un serpent». Pour comprendre son passé et s'en libérer enfin, il écrit, dessine, tente de remonter le fil du temps. Il raconte l'enfance étouffée par le deuil, l'adolescence synonyme de lente descente dans la folie, l'internement... Bouleversant, souvent drôle, Contrecoups est une sublime ode à la tolérance et à l'acceptation.

L'avis de MissDupont :

Un livre dans un livre!

 

Bien que j'aie lu la quatrième de couverture au moment de me le procurer, je n'ai pas renouvelé l'expérience au moment d'entamer ma lecture. Du coup, je ne savais plus trop ce qui m'attendait dans les pages à venir (par contre, je trouvais la couverture toujours aussi sublime qu'au moment où je l'ai vu pour la première fois).

 

Si, au fil de ma lecture, je me suis mise à me questionner à savoir si le roman me plaisait ou non… j'ai tout de même poursuivi ma lecture car un petit je ne sais quoi captait mon intérêt. Plus j'y réfléchis et plus je me dis que c'est ce mystère constant qui plane au sujet de la mort du frère de Matthew. On ne saura qu'à la toute fin ce qu'il lui est arrivé et quel rôle notre narrateur y a joué. Parce qu'au fur et à mesure des délires psychotiques et des internements du jeune homme… on se laisse prendre rapidement à émettre toutes sortes d'hypothèses.

 

J'ai bien apprécié la façon dont le récit nous est apporté, soit par la rédaction d'un roman par Matthew, jeune homme schizophrène de 19 ans. Qu'est-ce qui a engendré sa maladie mentale ? Tout porte à croire que ce soit la perte tragique de son frère aîné.
Malheureusement, le fait que j'ai lu tout récemment le livre Un jour, j'ai porté le monde : ma traversée de la schizophrénie m'a empêché d'apprécier ma lecture à sa juste valeur. Étant portée à les comparer, je trouvais alors que Contrecoups n'abordait pas assez la maladie en profondeur. 

 

Malgré ce petit bémol, je suis heureuse de m'être résignée à poursuive ma lecture puisque le dernier quart du roman (et particulièrement la fin émouvante) est une récompense en soi.

Auteur : Nathan Filer
Éditions : 10-18
Parution : Octobre 2016
Pages : 334

Claire-ou-peut-être-Anna a remercié le chauffeur en lui disant que quelqu'un de l'hôpital l'appellerait pour qu'il passe nous reprendre. La dentiste est apparue dans la salle d'attente, le masque d'oxygène bien plaqué contre le menton au bout de ses élastiques tendus.
«Matthew Homes», a-t-elle annoncé.
Je me suis tourné vers Claire-ou-peut-être-Anna : «Je préférerais y aller tout seul - si ça vous va...»
Elle a hésité un instant. «Hum... Bien sûr. J'attends ici.»
J'ai dit à la dentiste que j'arrivais. Qu'il fallait juste que je passe en vitesse aux toilettes. «Nous sommes dans le couloir, la deuxième à droite, m'a-t-elle indiqué. Entrez dès que vous êtes prêt.»
Il n'y a pas de sécurité dans les cabinets dentaires, personne pour surveiller les portes ou frimer avec des trousseaux de clés et des porte-blocs rouges. En fait, un dentiste attitré, j'en ai un. Mais la clinique des urgences est plus proche de la gare.
Quand votre grand frère vous appelle, quand le moment est enfin venu d'aller jouer, s'il faut s'échapper d'un service psychiatrique... la première chose à faire, c'est d'observer. Et ensuite de laisser aux autres le gros du boulot. Faites aaaaaah. Je suis malade mental, pas un imbécile.

Extrait p.248

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans Drame

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