Apportez-moi la tête de Lara Crevier !

Publié le par MissDupont

Montréal. Le corps d'une jeune femme est découvert, nu et décapité, dans un immeuble décati de la rue Saint-Antoine. Qui est-elle ? Si son identification se révèle délicate, celle de son assassin se heurte à des difficultés autrement plus complexes. Pour le lieutenant-détective Donnola, cette exécution monstrueuse ne correspond à aucune catégorie connue.

Le lieutenant, hanté par un douloureux passé, croisera un étudiant, anarchiste et ami singulier de la victime, qui lui aussi mène son enquête. Mais ils errent tous les deux dans le mystère le plus total tandis que les auteurs de cette obscène machination savourent leur triomphe en toute impunité.

L'écriture imagée et provocatrice de l'auteur entremêle adroitement la politique, la sexualité et l'enquête policière. À travers ses protagonistes atypiques, et sur fond de contestation libertaire, Apportez-moi la tête de Lara Crevier ! est une charge violente contre l'ordre, contre la police, contre l'État et ses chiens…

L'avis de MissDupont :

Mais quelle lecture excitante que ce roman de Laurent Chabin. Pas excitant au sens sexuel (au vu de la couverture, vous n'en douterez pas), mais plutôt au point de vue "addiction" du lecteur. Une fois la lecture amorcée, on se laisse emporter par le suspense qui tourne autour de la mort de cette Lara.

 

Le roman commence fort... sans prendre mille et un détours! Un corps de femme est découvert nu et la tête manque à l'appel. C'est anodin vous l'admettrez et pourtant plus notre lecture avance et plus ça devient intéressant et hors de l'ordinaire.

De plus, la narration à 3 voix aide à conserver notre soif d'en savoir plus puisque ce n'est pas que le regard de l'inspecteur chargé de l'enquête que nous avons, mais aussi celui d'un étudiant ayant côtoyé la victime ainsi que des passages - parfois très cru - du journal de cette mystérieuse Lara.

 

Je dois admettre que j'ai hésité lorsque j'ai entamé ma lecture, car le roman commence sur un passage du journal de Lara - je vous disais plus un peu plus haut que c'était parfois très cru - :

«Décembre - Il est parti, l'ordure, le chien, parti sans rien laisser derrière lui que son odeur et celle de son sperme dans mes cheveux, parti en me laissant l'anus déchiré et l'empreinte de ses dents sur mon cou...»

Vous voyez un peu le topo... un paragraphe au langage salace dont la seule ponctuation présente est la virgule faisant en sorte que ledit paragraphe se trouve être une seule et unique phrase de quatorze lignes... ça fesse! J'avais peur que cette première page soit à l'image du roman, mais ce n'est tellement pas le cas.
Laurent Chabin à une plume envoûtante et tordue à la fois. Une écriture simple, mais juste et poétique même par moments. Si vous aimez les polars, les romans noirs et que vous ne connaissez pas encore cet auteur... je crois sincèrement que c'est une belle découverte à faire.

 

Auteur : Laurent Chabin
Éditions : Libre Expression
Parution : Mai 2014
Pages : 331

- Vous en êtes où, Donnola?
Il la connaissait, la réponse, le boss. J'ai dû ravaler ma salive, expliquer, me justifier. L'identification de la victime, son profil, malgré le peu de traces. Le fait que le compte en banque de Lara - nous l'avons appris hier - ait été complètement vidé le 11 janvier dans l'après-midi, soit la veille ou l'avant-veille de sa mort, l'a laissé de glace.
- Je ne vous demande pas de courir après une victime, Donnola, elle est déjà morte. Je vous demande de courir après son meurtrier. Et de l'attraper. Avant qu'il ne recommence, si possible.
En cinq minutes, tout était dit. Je suis sorti du bureau en beau calvaire. Une rage dissimulée, évidemment. Courir après le meurtrier... mais qu'est-ce qu'il s'imagine que je fais de mes journées, tabarnak? Et lui, et les autres, il y a dix ans, ils l'ont pogné, le meurtrier? Il a le beau jeu, aujourd'hui...

Extrait p.107

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans Polar, LittQc, Roman Noir

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