Nous

Publié le par MissDupont

Dans Nous, un adolescent est condamné et incarcéré pour un crime. On pénètre avec lui dans le centre jeunesse où il purge sa peine, et, petit à petit, se révèle l'humanité de certains délinquants et intervenants. Malgré la violence qui y règne, on décèle entre ces murs une tendresse contenue, compactée comme de la poudre dans un bâton de dynamite.

 

 

L'avis de MissDupont :

En novembre dernier, je découvrais la plume de Patrick Isabelle à travers Eux et - avec à peine 111 pages - ce fut le coup de foudre.

 

Quelques mois ont passé depuis et voilà que, ces derniers jours, je poursuivais ma découverte de cet auteur à travers Nous.
Laissez-moi vous dire que je suis toujours - sinon plus - sous le charme de sa plume. Cette façon qu'il a d'utiliser un vocabulaire simple, mais poétique à la fois... de rendre chaque émotion, chaque pensée de manière si concrète qu'on ne peut faire autrement que d'y croire. Plus j'avançais dans ma lecture et plus je me questionnais sur la personne qu'est Patrick Isabelle. Tout est si juste, si senti... c'est à se demander si, lui aussi, fut un ado écorché dans sa jeunesse. A-t-il eu à passer par les centres jeunesses ?

 

Encore une fois, l'auteur nous livre un roman dont le récit est émouvant malgré sa dureté, sa violence. Il ne mâche pas ses mots, nous livre la réalité de jeunes délinquants sans tabous, tout en nous amenant à réaliser que sous leur carapace, ces jeunes gens brisés ont un désir latent d'être compris et écoutés. 

Post-scriptum : Le troisième volet - Lui - est attendu pour la fin août 2017 (au cas où vous seriez de ceux qui attendent la sortie du dernier tome d'une "série" pour en débuter la lecture)

Auteur: Patrick Isabelle
Éditions: Leméac
Parution: Octobre 2016
Pages: 115

- Tu as l'air déprimé, je me trompe?
- Je suis incarcéré dans un établissement où j'ai pas l'droit de rien faire, pas l'droit d'être qui j'veux pis de faire c'que j'veux, quand j'veux. J'pense que j'ai l'droit d'être déprimé.
Il a marmonné quelque chose du bout des lèvres puis a pris des notes dans son carnet. Plus les jours passaient, plus la colère me revenait. Je réalisais tranquillement que j'étais une victime, qu'on m'avait enfermé ici à tort. C'est la société qui avait fait de moi un criminel ! Mais c'était plus simple pour eux de me pointer du doigt plutôt que de se regarder dans le miroir. Personne ne s'était arrêté une seconde pour se demander pourquoi nous étions ici, ce qui nous avait poussés à commettre les délits dont on nous accusait. Ils ne voyaient pas plus loin que le geste. Le reste, ça ne les intéressait pas. En nous mettant à l'écart, ils avaient réussi à se persuader que le problème était réglé, qu'ils pouvaient dormir paisiblement la nuit en se félicitant de protéger la population.

Extrait p.30

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

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