Ça sent la coupe

Publié le par MissDupont

Un homme, sa télé, ses Canadiens, ses amis : bienvenue dans le petit monde en circuit fermé de Matthieu. Quatre-vingt-treize chapitres, un pour chaque match de la saison. Tout au long de ce journal d'un partisan de la « Sainte-Flanelle » de Montréal, Matthieu parle moins de hockey que de ses amours et de ses chums.

Cette réédition marque la sortie en salle du film Ça sent la coupe, inspiré du roman, scénarisé par Matthieu Simard et réalisé par Patrice Sauvé. Les lecteurs y trouveront non seulement le roman dans sa forme originale, mais aussi des extraits du scénario commentés par l'auteur ainsi qu'une préface de Louis-José Houde, qui tient le rôle principal du film.

L'avis de MissDupont :

Non mais... mausus qu'ils ne sont pas fiables nos Canadiens de Montréal! Stanké nous avait si bien "timé" la réédition de Ça sent la coupe de Matthieu Simard et moi je me faisais une joie de le lire au moment où mon conjoint allait être dans la fièvre des séries...
Tssss même pas le temps de cligner des yeux qu'ils étaient "kické out"! Même pas proche de la coupe! Mais bon, passons ...après tout je ne suis pas blogueuse de sport lol

Si vous ne l'avez jamais lu (la version originale date de 2004), Matthieu nous présente ici une sorte de journal masculin écrit chaque soir de match de la «Sainte-Flanelle». Il nous donne le pointage final, relate quelque peu certains événements de la partie, mais surtout les déboires de sa vie et celle de ses amis. Matthieu nous est attachant, marrant à souhait et on ne se lasse pas de le retrouver chaque soir de game.

La plume de cet auteur est particulièrement divertissante et colorée. Il sait jouer aisément avec les mots et le fait qu'il utilise des expressions très québécoises, rend le récit particulièrement réaliste. 

Quel effet ça fait de lire Ça sent la coupe 15 ans plus tard ? Pour moi ce fut un flashback à mes années au collégial. Le son de la télévision en background qui nous diffuse une des parties de l'hiver 2013, année charnière où ma coloc était pâmée raide sur José Théodore. Un clin d'oeil à ces «Mardi Molson Ex» qui était l'excuse douteuse pour prendre un verre en gang. C'est avoir l'impression que ce temps-là c'était hier, puis se mettre à calculer et réaliser que non... ça fait un méchant bout et voilà que tu pognes un coup de vieux.

Le Canadiens avaient eu une belle saison cette année-là... 
Vous imaginez s'ils avaient remporté la coupe Stanley alors que Matthieu marquait certains passages dans ce livre ? Ça aurait été géant!
Oh allons! Ce n'est pas comme si je vous avais spolié quoi que ce soit! On sait tous que le Canadiens n'a pas gagné de coupe depuis 1993 😝

Auteur : Matthieu Simard
Éditions : Stanké
Parution : Février 2017
Pages : 304

- Là, mon Matthieu, j'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours, et faut vraiment que tu m'aides. Je sais pas si je t'en ai déjà parlé, mais j'aimerais vraiment ça devenir célèbre.
- Ça me dit vaguement quelque chose.
- Ouais ben j'ai découvert que c'était pas juste une envie comme ça. C'est vraiment un besoin. Faut que je sois célèbre, c'est comme une vocation, faut que le monde me salue dans la rue, c'est vraiment une vocation.
- Si tu le dis.
- Faque ça va être mon objectif pour l'année prochaine. À la fin de 2004, faut que le monde me reconnaisse dans la rue.
- Sur le trottoir, ça fait-tu pareil ?
- Je suis sérieux, Matthieu. Pis j'ai besoin que tu m'aides. Faut trouver une idée, t'es bon là-dedans, toi.
- Quel genre d'idée ?
- Tu m'écoutes-tu ou tu m'écoutes pas ? Une idée de comment je fais pour devenir célèbre...
Alors comme ça, lui avec le plus grand sérieux, moi avec le plus grand sarcasme, on s'est mis à brainstormer. Et faut dire, y a pas des millions de solutions pour se faire reconnaître dans la rue. Rock-star (il chante comme une Buick Skylark 1984 rouillée), sportif professionnel (il patine sur la bottine, lance comme une fille, court comme une autruche saoule, vous voyez le genre), journaliste à la télé (il est incapable de séparer les "si" du conditionnel), comédien (il a la voix d'une Buick Skylark 1984 rouillée).
- Bon, c'est pas que je veux te mettre dehors, mais qu'est-ce que tu dirais si on dormait là-dessus, pis on continuait ça pendant la prochaine game ?
- O.K.
- Pis fais attention en retournant chez vous, faudrait pas que quelqu'un te reconnaisse dans la rue. On est pas encore l'an prochain.
- T'es ben baveux à soir, toi. Si je serais pas fatigué, je te crisserais une volée.

Extrait p.110

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans LittQc, Humour

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