Le Grand Sommeil des éveillés

Publié le par Martin

À la fois pamphlet spirituel qui dénonce Le Grand Sommeil des éveillés et enseignement du « Mahachinachara », ou « Grande Voie chinoise », essence du tantra et du chan, ce livre incandescent met fin à l’illusion et aux rapports de soumissions courants dans les milieux de la spiritualité. Il remet en vigueur l’idée ancienne que les disciples doivent faire travailler les maîtres spirituels en les renvoyant sans cesse à leur pratique, instaurant ainsi un véritable échange.

La perte de cette vision absolue de la relation est la cause de toutes les désillusions, de toutes les tromperies, de tous les abus. Sur les milliers d’instructeurs qui enseignent aujourd’hui, combien feraient simplement d’honnêtes disciples? Daniel Odier replace la quête dans son principe d’identité entre les êtres, il secoue le couple maître/disciple en le situant dans une créativité réciproque indispensable à la compréhension et à la réalisation.

Ce livre parfois violent est saturé d’un amour véritable pour les chercheurs qui refusent l’illusion spirituelle. Il expose une voie merveilleuse et iconoclaste, simple et cosmique, peu connue jusqu’ici, où le corps retrouve sa place primordiale, sa sagesse organique innée.

L'avis de Martin :

Ce livre « coup de poing » représente pour moi une lecture obligée pour quiconque prétend à l’authenticité dans son parcours spirituel. J’ai particulièrement apprécié ces allées et venues entre les dialogues maître/disciple et les extraits des textes sacrés qui illustrent l’importance de ce retour à la source qu’est le miracle de notre corps.

J’ai perçu dans cette œuvre un rappel à l’ordre qui permet de conscientiser les égarements d’un esprit qui a compris des choses et qui s’empresse de vouloir les enseigner, ne serait-ce que pour se convaincre que son point de vue vaut mieux que celui des autres. Il nous met en garde face aux pseudo-maîtres qui envahissent cet univers fabriqué — et surtout très lucratif — de la croissance personnelle et de la spiritualité, mais, surtout, il nous met en garde vis-à-vis de nous-mêmes. Vouloir enseigner à tout prix cache parfois cette volonté de dominer la pensée des autres en imposant sa vision de la vie. Celui qui sait, ou qui pense savoir, cesse souvent de chercher et ne se remet plus nécessairement en question comme le ferait le disciple. La vie est pourtant constamment en mouvement, et ce que l’on aura appris aujourd’hui n’est qu’une autre illusion que nous briserons demain.

À mon point de vue, il s’agit probablement d’un des livres les plus importants qui m’ait été donné de lire au courant de ma vie. Comme nul autre auteur auparavant, Daniel Odier fait l’éloge de la sagesse du corps pour nous rappeler de façon indélébile que la mémoire est sans faille quand le cœur domine la tête. Le code de la vie est inscrit dans nos cellules. Le silence est le seul enseignement qui nous amènera à cette compréhension profonde de nos capacités, car notre machine organique n’utilise pas les mots pour communiquer. Le seul véritable miracle de la vie est ce corps qui sert de temple à notre âme et qui nous enveloppe de son amour bienveillant. Chacune de nos pensées, chacun de nos gestes orientés vers son bien-être est un enseignement d’une valeur inestimable. Notre corps est le seul véritable maître dont nous ayons véritablement besoin. Apprenons à connaître son langage avant de chercher à influencer la vie des autres avec des paroles qui ne dépeignent qu’une partie de la réalité.

Auteur : Daniel Odier
Éditions : Le Relie
Parution : Août 2015
 

Un mot sur l’auteur

Après deux livres cultes portés à l’écran, Diva (sous le pseudonyme de Delacorta) et L’Illusionniste, Daniel Odier a publié plusieurs ouvrages sur le tantrisme qui ont reçu un écho profond en France et à l’étranger.

La vie spirituelle est le rejeton difforme d’un corps malade, isolé et inconscient. C’est une vaste tromperie qui mène l’homme à chercher en dehors de lui-même ce qui lui a toujours été intimement présent dans sa chair. […] Il n’y a que notre mental pour se laisser séduire par les ingrédients qui font profession de guides. Si le corps d’un maître de dispose pas l’enseignement, son esprit ne peut certainement pas le faire. Un corps qui ne dit rien appartient à un être qui n’a pas reconnu sa liberté fondamentale.

Extrait p.33

Crédit Photo : Martin

Crédit Photo : Martin

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