Entre hommes

Publié le par Mlle Lambert

Dans un luxueux appartement de Buenos Aires, un sénateur, un juge et un banquier se retrouvent pour participer à une orgie en compagnie de deux travestis et d’une jeune prostituée. Mais l’affaire tourne mal : la jeune prostituée meurt d’une overdose en pleine action. Or, toute la scène a été filmée par une caméra dissimulée derrière un faux miroir et la vidéo compromettante a disparu. C’est alors qu’entrent en scène deux flics, l’un obsessionnel, l’autre ex-tortionnaire alcoolique, chargés de retrouver l’enregistrement, deux voleurs prêts à tout pour parvenir à leurs fins et une bande de jeunes drogués embarqués bien malgré eux dans cette histoire.

L'avis de Mlle Lambert :

Recevoir un roman en primeur, avant même la sortie de sa version officielle, c’est vraiment trippant! Et ce l’est encore plus lorsque ce livre te sort totalement de ta zone de confort avec son univers glauque.

Le résumé est, selon moi, très complet et donc je ne vous remâcherai pas le tout, mais on peut dire que l’auteur nous plonge – plutôt profondément – dans un monde où tout le monde se connaît et où la drogue et les travestis coulent à flot. Le texte original est en espagnol (roman d’Argentine) et j’ai beaucoup aimé que la culture transperce énormément au travers de l’histoire.

Des prostitués, des travestis, des viols, de la décapitation de cadavres, des policiers corrompus, de la torture… On retrouve de tout dans cette histoire de M. Maggiori. Alors attention aux cœurs sensibles, car le tout est également présenté au travers des mots très crus et un langage vulgaire qui peuvent choquer certains lecteurs ** voir l’extrait ci-dessous **. Pour ma part, c’est l’un des éléments que j’ai apprécié de roman. Je ne suis pas habitué à ce genre de roman assez hardcore et être déstabilisée par un roman fût une expérience toute nouvelle pour moi.

Ce que j’ai moins aimé par contre est l’appellation des personnages. Non seulement ils sont nombreux, mais leurs surnoms hors du commun rendent le changement de personnages plutôt difficile à suivre. Pour vous donner une idée, il y a le Tucumano, le Timbré, le Mort, le Gros Kingo, Caméléon, Mouche, le Gaucher, le Singe, le Moine, la Trombine (pour n’en nommer qu’une partie). De plus, on nomme parfois le personnage par son surnom, parfois par son prénom. Par exemple, il y a Cortez le Tucumano qu’on surnomme parfois Cortez, parfois le Tucumano et parfois seulement Tucu. Bref, le nombre volumineux de personnages, mais surtout le nombre d’appellations utilisées pour chacun m’a souvent mélangé – à un moment, je me suis résolue à me faire une feuille de notes recensant les noms complets de chacun - et cela a un peu diminué mon appréciation de ma lecture.

Bref, j’ai globalement aimé le livre et la plume de l’auteur. L’univers glauque et les mots crus utilisés m’ont fait vivre une toute nouvelle expérience et malgré la complexité dans les noms des personnages, je conseille ce roman à tous les amateurs de romans policiers noirs.

xx

Auteur : Germàn Maggiori
Éditions : Folio
Parution : Avril 2017
Pages : 408

Cette frimousse de famine, de petite collégienne morte, ces petits tétons et la fente imberbe de son entrejambe l’excitaient, l’emplissaient d’un trouble étrange. Il ne l’avait jamais fait avec un gamine morte et, qui sait, il n’en aurait peut-être jamais plus l’occasion. L’Oiseau rapprocha son corps de celui de Yiyì, il fourra ses doigts dans l’entrejambe froid et, affolé, susurra au visage enfantin de la morte :

* T’aime ça, petite salope, t’aime ça, comme les autres…

Il était en train de la violer quand le Tucumano, de retour de la rue, le trouva. Cortez n’exigea aucune explication, il lui flanqua simplement un coup de pied dans le cul, envoyant sa pourriture d’ami faire un court vol plané jusqu’au mur le plus proche.

* Allez, viens, faut accélérer le mouvement, on n’a plus beaucoup de temps, dit Cortez, en dissimulant son dégoût.

Ils tranchèrent les cadavres à la hache et à la machette. Le Tucumano se chargea de broyer les crânes à la masse jusqu’à ce qu’ils soient bien mous et aplatis comme de la pâte à tourte pascaline.

Extrait p.30

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans Polar, Roman Noir

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