Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage

Publié le par Mlle Lambert

Montréal n'est plus que ruines. Au centre-ville, les hautes tours gisent en piles informes, réduites à leurs plus petites composantes, telle des constructions en Lego retournées dans leurs bas d'origine.

Pas un bruit, si ce n'est quelques hurlements de systèmes d'alarme qui ne sonnent pour personne. La poussière est à peine retombée: les rats se terrent encore.

Dans une rue du Plateau-Mont-Royal, une fille de treize ans marche tirant derrière elle une valise bleue.

L'avis de Mlle Lambert :

Je vous présente ici une dystopie unique en son genre. Bien que les histoires de fin du monde soient maintenant loin d’être rares, celle-ci se démarque sur bien des points. Tout d’abord, elle nous touche de près étant donné que la fin du monde se déroule à Montréal, en direct du Plateau-Mont-Royal.

Ensuite, le personnage principal se trouve être une jeune fille de treize ans plutôt timide complètement laissée à elle-même. Bien vite, elle devra laisser de côté l’insouciance de l’enfance pour se retrousser les manches et affronter tous les dangers. Car, à partir de ce jour, elle n’a qu’un seul but: survivre.

Ce roman se distingue surtout par sa forme. L’auteure a su présenter son histoire sous une forme plutôt originale qui m’a énormément plu! Le texte est court, les chapitres extrêmement brefs, les pages épurées et les mots peu nombreux, mais surtout bien choisis.

Bref, ce roman est à la fois léger et rempli de sens. C’est un roman qui se lit en claquant des doigts, mais qu’on termine en se disant « je le relirai ». Il est l’un de ceux qui nous prennent à peine une heure à lire, mais qui nous trottent dans la tête plusieurs heures par la suite.

À lire.

xx

Auteure : Annie Bacon
Éditions : Bayard Canada
Parution : Octobre 2016
Pages : 120

Astride est toujours devant la porte,
à l'intérieur de la bibliothèque, valise à la main.

Elle n'a pas bougé. Elle a bien esquissé un début de pas,
plusieurs fois, toujours retenu au dernier moment.
De ce côté-ci des murs, le monde extérieur peut rester
un décor de film, un de ces longs-métrages
post-apocalyptiques où le héros est grand et fort.
Dès qu'elle sortira, Astride entrera dans le film.
Elle ne se sent pas la trempe d'une héroïne,
ni même d'un personnage de soutien. Elle préfère
rester spectatrice, cachée dans sa bibliothèque,
confortablement barricadée sous une pile de livres.

Son ventre gargouille.

Elle n'a pas le choix: c'est sortir ou mourir de
faim. Le premier lui semble soudain demander
moins de courage que le deuxième.

Elle pousse la porte.

Extrait p.28

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans Dystopie, Jeunesse, LittQc

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