Les torrents

Publié le par MissDupont

Automne 1940. Côte-de-Beaupré. Personne ne s'y attendait. Ni les jeunes draveurs-bûcherons au camp, ni les demoiselles au village, ni les membres du clergé. Après tout, ce qui ébranle ou ce qui suscite la peur ne fait jamais l'objet d'un faire-part. Comment réagir lorsque cette menace est séduisante? D'un côté, il y a le ténébreux Beau James, draveur ontarien à l'imposante stature et… protestant. De l'autre, il y a la Métisse, cette femme de joie envoûtante, sortie d'on ne sait où. À Saint-Ferréol, tout est bousculé par l'arrivée de ces deux incarnations de la passion et de la liberté. Romain, Angéline, Adrien et Émile, jeunes adultes du clan Renaud, en ressentiront profondément le ressac…

Les Torrents, un roman du terroir différent, dépeint une jeunesse qui, par ses moeurs, ses désirs et ses ambitions, est à l'avant-garde de son époque.

L'avis de MissDupont :

Certains se rappelleront peut-être que je suis une lectrice plus portée vers les récits contemporains plutôt qu'historiques. J'ai toujours eu du mal avec tout ce qui touche les époques que je n'ai pas vécues (au grand désespoir de Félix Bouvier, mon prof d'histoire au secondaire, qui se démenait comme un forcené afin de me faire rentrer la matière). Mon petit cerveau n'arrive tout bonnement pas à imager ce qu'il lit - et je suis très visuelle - puisque je n'ai pas de souvenirs marqués de ces années lointaines.

 

Étonnamment, il en va tout autrement avec ce roman-ci.
Est-ce parce que je viens de Mont-Laurier et que j'ai connu l'histoire des draveurs - je ne parle pas de l'équipe de hockey - à force de photos et d'articles de toutes sortes ? Peu importe, l'auteure a réussi à me transporter à cette époque et me faire vivre cette dure réalité telle que mon père l'a vécu dans sa jeunesse. 

 

J'étais tellement immergée dans cette histoire que j'avais du mal à lâcher prise. À un tel point, que je publiais ceci sur le mur de l'auteure :


"Mais c'est totalement addictif ce livre ?!" dit la fille qui doit se faire violence pour aller se coucher parce qu'il est passé 1h30 du matin !!
 

Parce qu'à minuit, tu te trouves au chapitre 13 et te convaincs que tu en liras un dernier et qu'ensuite tu iras te coucher... mais finalement tu te rends compte que le chapitre 17 se pointe le bout du nez!

 

Les personnages sont nombreux, mais ont tous une identité propre qui fait qu'on n'a pas de mal à s'y retrouver. Un peu comme si nous avions vécu parmi cette communauté depuis notre tout jeune âge.

 

La fin, quant à elle, est à la fois difficile et émouvante. On s'attache tellement aux personnages durant notre lecture, ils deviennent si réels à nos yeux, qu'on ne peut faire autrement que d'être affligés par les circonstances. Je pourrais vous parler de ce roman pendant longtemps. Je pourrais même vous le raconter de A à Z tellement je l'ai aimé, mais je ne le ferai pas... je tiens à vous garder le mystère.
Par contre, je vous dirai ceci : Lisez-le!

Auteure : Julie Rivard
Éditions : Recto-Verso
Parution : Septembre 2016
Pages : 271

Émile mobilisa toutes ses forces pour soutenir le bûcheron jusqu'à la cuisine. Il avait l'air d'un faible tuteur contre une plante gigantesque. Arrivés à la table, ils s'effondrèrent sur leur chaise respective, tous deux épuisés de la courte distance parcourue. rosa avait assis son pensionnaire à côté de la délicate Gisèle. Cette dernière sentit une crise d'angoisse monter en elle. Elle haïssait Narcisse de lui avoir transmis la peur des hommes. Par sa faute, elle avait même développé une aversion pour le corps humain, et surtout pour les réactions et les sensations qu'il suscitait en elle. Lorsque Beau James lui accrocha accidentellement le coude, elle sursauta.

- Voyons, Gisèle. tu files pas ou quoi? T'as l'air toute frêle.
- Je pense que j'ai pas assez dormi, hier au soir. Je me sens plus faible que d'habitude. Je suis désolée.

Extrait p.125

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans LittQc, Historique

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