Mademoiselle Solitude

Publié le par MissDupont

Mademoiselle Solitude

«Elle était la personne la plus triste, la plus solitaire qu’il avait jamais rencontrée : elle était la solitude incarnée, la mélancolie même.»

Dès que Jim Messenger croise cette jeune femme dans un café de San Francisco, il est bouleversé par l’impression de solitude qui se dégage d’elle. Elle a beau l’avoir éconduit, il ne peut s’empêcher de l’observer et de la suivre de loin. Jusqu’au jour où elle ne vient pas au café. Inquiet, il se rend chez elle et découvre qu’elle s’est donné la mort. Obsédé par cette femme, Jim décide de découvrir qui était vraiment celle qu’il surnommait Mademoiselle Solitude.

L'avis de MissDupont:

Intriguant et captivant!
Messenger - Jim de son prénom - est obnubilé par une inconnue qui, soir après soir, vient dans un resto et mange continuellement le même repas.
Une aura de mystère plane autour de cette femme et la fascination pour cette inconnue est contagieuse. Nous aussi voulons découvrir ce qu'elle cache et pourquoi elle a soudainement disparu de la map.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que cette mystérieuse femme s'est donnée la mort… ils le disent dans le synopsis.
Aucune note explicative, aucun détail n'est susceptible d'expliquer ce geste. Tout ce que l'on sait, c'est qu'elle cachait quelque chose de gros et les policiers n'auront pas l'intention de fouiller pour comprendre comment elle a pu en arriver là. Mais nous, moi, Jim… on veut savoir! Et c'est ce qui rend ce livre particulièrement intéressant: aucune enquête policière! C'est strictement un simple comptable de San Francisco qui décidera d'aller déterrer la marde à Beuhla, dans le Nevada, afin de comprendre qui elle était, sans même savoir qu'il mettra sa vie en danger en mettant son nez dans une histoire inimaginable.

J'ai adoré.
Le fait que la raison de ce suicide soit élucidée par un homme totalement ordinaire et aucunement lié à l'entourage de cette femme.
Que la majeure partie du récit se déroule dans le désert et me permette de ressentir cette chaleur intense, ce temps sec et ce sable sur ma peau - parce que la pluie faisait rage au Québec au cours de ma lecture.
Que mon pouls puisse s'accélérer par moment alors que le danger se fait sentir, parce que le personnage - qu'on accompagne à travers le livre - pose trop de questions indiscrètes.
Bref, pour toutes ces raisons qui ont fait que ce roman était différent et qui en bonus m'a permis de voyager pour un court laps de temps… j'ai adoré!

Auteur: Bill Pronzini
Éditions: Folio
Parution: Juin 2015
Pages: 368

Il y avait trois cartons, un grand et deux petits, un petit sac de voyage et une valise plus grande. C'était tout. Mme Fong le laissa avec toutes les affaires dans un coin de son sous-sol poussiéreux; maintenant qu'elle avait été payée, elle ne semblait plus se soucier qu'il emporte quelque chose en s'en allant. Ou peut-être qu'elle ne voulait simplement pas le savoir.
Il resta un moment à contempler la maigre pile, en colère contre lui-même et se sentant vaguement stupide. Quarante dollars pour fouiller dans les affaires d'une femme morte et inconnue. Quel sens cela avait-il? Ses chances de trouver quoi que ce soit d'éclairant étaient pour ainsi dire nulles. Il ne faisait que s'agiter en vain, comme un idiot. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement la laisser partir, oublier que leurs chemins s'étaient croisés?

Extrait p.43

Crédit Photo : Bookivores

Crédit Photo : Bookivores

Publié dans Polar, Suspense

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