Jeanne Moreau a le sourire à l'envers

Publié le par Mlle Lambert

Jeanne Moreau a le sourire à l'envers

L’anorexie, une affaire de filles? On serait tenté de le croire. Ce nouveau roman de Boulerice nous rappelle toutefois qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Léon ne semble avoir qu’un drame dans sa vie : une chevelure pleine de pellicules. Pour un gars de quinze ans, c’est l’équivalent de la lèpre. Heureusement, il y a Léonie, sa correspondante de Lévis, qui dit le trouver beau sur ses photos. Depuis leur rive sud respective, l’une de Montréal et l’autre de Québec, Léon et Léonie s’écrivent de longues lettres qu’ils s’envoient par la poste. Cela paraît un peu « dépassé », tout comme la passion d’Antoine, le grand frère de Léon, pour les films de la Nouvelle Vague qu’il regarde en boucle. Jeanne Moreau a le sourire à l’envers brosse le portrait d’une famille aussi attachante qu’imparfaite et à travers laquelle il est facile de se reconnaître.

L'avis de Mlle Lambert:

Mon amour pour Simon Boulerice se poursuit! Suite à ma lecture de Javotte, je n’ai pas pu résister à mon envie de découvrir les autres œuvres de cet auteur qui, à mon humble avis, est tout simplement grandiose!

Simon Boulerice a un don pour se distinguer et nous faire tomber sous le charme de ses œuvres. Tout d’abord, par leurs couvertures uniques et artistiques, mais aussi par son habituel langage franc ainsi que ses anecdotes crues et sans détours. Ce qui m’ébahie à chacune de mes lectures : sa facilité à raconter une histoire complète, intime et unique à travers un roman de moins de 200 pages en nous dévoilant seulement de petites bribes de la vie de ses personnages. ÉPATANT!!

Dans le roman Jeanne Moreau a le sourire à l’envers, on se retrouve dans la peau de Léon, un jeune garçon de 15 ans, unique et attachant qui échange des lettres - toutes plus farfelues les unes que les autres - avec Léonie, sa correspondante de Lévis. Au fil de notre lecture, on se laisse rapidement charmer par Léon et son imagination fertile. Et, derrière l’histoire de cet ado qui tombe sous le charme d’une jeune fille de son âge par le biais de lettres - alors qu’il ne l’a encore jamais rencontré -, se cache un sujet délicat qui nous est exposé de façon à nous passer un message. Une leçon qui nous fait beaucoup réfléchir.

Jeanne Moreau a le sourire à l’envers est un roman comique que j’ai lu avec un éternel sourire aux lèvres! Bien que pendant de nombreuses pages on ne comprenne pas le lien avec cette fameuse Jeanne Moreau, on termine le roman en se disant que le titre est merveilleusement choisit. Encore une fois, tout comme Javotte, c’est un roman que je relirai sans doute plusieurs fois encore!

xx

Auteur: Simon Boulerice
Éditions: Leméac
Parution: Août 2013
Pages: 196

Je crois que ce qui me distingue des autres ados, outre mes pellicules et mon goût pour la graphologie, c’est que je prends des douches plutôt rapides. Je n’aime pas me masturber sous la douche. Je l’ai fait une seule fois et je me suis senti terriblement coupable de gaspiller tant d’eau. Je ne me masturbe pas si vite que ça. J’aime prendre mon temps. Il vaut mieux faire ça dans son lit et y mettre le temps que ça prend. Au début, j’essuyais les dégâts avec des Kleenex. Maintenant, je prends une chaussette que je ne mets plus. Une chaussette avec un petit trou au bout. Pas une fois mon sperme n’a jailli de ce petit trou, mais chaque fois, ça me fait rire. Tout d’un coup que ça arrive. Ce serait drôle. La chaussette, je la lave chaque jour et la fait sécher sur un cintre, dans ma penderie. Je trouve que mes masturbations sont écologiques. Je ne gaspille pas d’eau pour ça et épargne mes papiers mouchoirs. C’est tout à mon honneur, il me semble.

Extrait p.46

Crédit Photo : Mlle Lambert

Crédit Photo : Mlle Lambert

Publié dans LittQc, Jeunesse

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