Poutine pour emporter

Publié le par MissDupont

Poutine pour emporter

Auteure: Marie Eve Gosemick
Éditions: Stanké
Parution: Septembre 2015
Pages: 240

Quatrième de couverture:

« J'ai servi des poutines pendant quatre ans de ma vie, quatre années à sentir la cantine. Toute bonne soirée se terminait inlassablement par une poutine au bacon ou un combo Déro de la propriété familiale. À l'instar de la poutine qui semblait un mélange improbable pour les touristes en visite au Québec, ma vie était un chaos pour plusieurs autour de moi. »

Fred Proulx en a son voyage. Désillusionné par un quotidien qu'il juge insipide, il décide d'affronter son insomnie chronique en partant en Colombie, où il se défoulera contre l'incompétence des figures d'autorité et se pétera la gueule à trop vouloir exister.

Road movie à la poésie métissée, ce roman raconte la crise du quart de vie d'un éternel chokeux dont les cicatrices de voyage cachent une mélancolie aussi douce que profonde.

L'avis de MissDupont:

Qui n'a pas déjà songé à s'exiler à un moment ou un autre au cours de sa vie ? Changer d'air... fuir le quotidien et son lot de soucis...
Eh bien Fred, le protagoniste principal dans Poutine pour emporter, l'a fait! Un charmant personnage, quoi qu'il soit plutôt blasé et même à la limite cynique par moment, on le suit à travers sa quête sans trop se poser de question tant il est attachant .

Parlons en de sa quête justement.
Quoi que fut le but précis de cette dernière, il s'en éloigne assez rapidement à force de défonce de toute sorte. Mais bon, on ne peut pas le lui reprocher... il est quand même en Colombie! N'étant pas le genre à aller dans ce genre d'excès, j'ai eu du mal à m'imprégner de ce récit.

À plusieurs reprises, nous avons droit à des bouts de texte en espagnol. Bien que ça nous donne réellement l'impression d'être en Colombie... j'aurais aimé avoir une traduction (du temps où j'allais au Collège, certains ont pris l'option espagnol, moi j'avais choisi aérobie! Donc, "No habla español").
On retrouve aussi beaucoup de dialogue en anglais (du franglais par moment), là-dessus je n'ai pas de mal, mais ce n'est peut-être pas le cas de tous les lecteurs potentiels.
Mais voilà, tout ce mélange de langues ont fini par avoir le dessus sur mon attention et c'est dû à mon entêtement que j'ai poursuivi ma lecture.

Par contre, je dois admettre que Marie Eve a un je ne sais quoi dans sa plume qui a su me plaire. Peut-être est-ce sa façon qu'elle a de nous rendre les lieux, les paysages, les événements... Elle parvient à leur faire prendre vie dans notre imaginaire.
Elle a su, malgré tout, à susciter mon intérêt pour retenter de la découvrir à travers un prochain roman.

À la fermeture du club vers 5 heures du matin, Marij perdit connaissance dans son vomi. Paniqués et pas dans un état pour sauver des vies, on est tous allés chercher de l'eau et de l'aide dans la salle des employés. Au moins il ne s'agissait pas d'un coma éthylique, Marij se réveilla assez rapidement. Elle recommença à être malade au moment de rentrer, et moi aussi. On avait clairement plus l'âge de commencer à boire en après-midi jusqu'au bout de la nuit.
Nos vingt-sept ans ressemblaient de plus en plus à ce que je m'étais imaginé des quarante. Les gens avaient tout faux avec leur folie du 30 is the new 20. C'était + 10 qu'il fallait faire comme équation à trente ans, pas - 10.

Extrait du roman

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