Et au pire, on se mariera

Publié le par MissDupont

Et au pire, on se mariera

Auteure: Sophie Bienvenu
Éditions: La Mèche
Parution: Avril 2015
Pages: 152

Synopsis:

Centre-Sud.
Un quartier populaire de Montréal où survit Aïcha Saint-Pierre, treize ans, et « mal ajustée dans sa tête ». Entre la Sainte-Catherine, Mel et Joe, les putes travesties, et le parc jonché de seringues, Aïcha traîne son enfance cassée par Hakim, son beau-père incestueux que sa mère a chassé. Puis elle rencontre Baz et tombe amoureuse. Quelque chose de très grave surviendra. Pour sauver sa peau, pour le protéger, Aïcha, forcée de se confier à une travailleuse sociale/intervenante, va revoir son histoire, et multiplier les versions des faits.
Dans un monde si mal foutu, qui dit vrai, et qui peut dire où se situe la réalité ?

L'avis de MissDupont:

"Et au pire, on se mariera", c'est le personnage écorché d'Aïcha, cette jeune ado Montréalaise avec "du chien" si on peut dire, au langage cru, qui n'a pas la jeunesse rose bonbon que l'on aimerait que chaque enfant ait et qui se trouve est follement amoureuse d'un homme qui a facilement le double de son âge. Nous l'écoutons donc nous confier ses secrets, ses amitiés particulières avec des travailleuses du sexe, ses sentiments, sa vision des choses (d'un événement X que l'on découvrira qu'à la toute fin) comme si nous étions la travailleuse sociale à laquelle elle s'adresse. Ce que j'ai d'ailleurs beaucoup apprécié puisque l'on se sent investi dans le récit.

Bien qu'Aïcha incarne un personnage adolescent, il ne s'agit pas ici d'une lecture jeunesse. Oui, il est question d'amour... mais c'est un amour dérangeant, un amour interdit. Tantôt incestueux, puis on frôle les limites de la pédophilie.

Je suis fan de la plume de Sophie Bienvenu depuis le jour où j'ai tenu le livre (K) entre mes mains. Elle a une identité propre dans ses écrits que j'aime au plus haut point et que je me fais un plaisir de retrouver chaque fois.

J'aimerais ça, avoir un chien. N'importe quel chien, je m'en fous. Mais un beau. Un gros.
Je voudrais pas de chat par contre. C'est con, un chat. C'est comme le reste du monde. Ça comprend ce que tu dis, mais ça s'en fout. Ça veut jamais venir avec toi faire des trucs à part quand ça te tente pas qu'ils viennent. Genre quand tu vas aux toilettes ou quoi. T'as pas envie de te faire regarder par une paire d'yeux pis de te faire juger sur combien ça pue et combien ça te prend de temps pour finir. Ça fait ça, un chat. C'est toujours là dans tes jambes quand t'as pas besoin, pour t'embarrasser. Pis ça te juge. Ça se prend pour un autre, même quand ça se lèche le cul.

Extrait du roman

Publié dans LittQc, Contemporain

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