Matricule 728 : Servir et se faire salir

Publié le par MissDupont

Matricule 728 : Servir et se faire salir

Auteurs : Bernard Tétrault & Stéphanie Trudeau
Éditions : ADA
Parution : Août 2015
Pages : 274

Quatrième de couverture :

Le matricule 728, porté fièrement par la policière montréalaise Stéfanie Trudeau pendant près de 20 ans, est devenu, le temps d’un extrait vidéo de quelques secondes passé en boucle à la télé durant une des émeutes du tristement célèbre printemps érable, le symbole de bavure et de brutalité policière. Il a fait le tour du globe par la voie des médias sociaux, dont YouTube. Deux autres extraits captés par des téléphones cellulaires quelques mois plus tard ont entaché à jamais sa réputation. Ses patrons ne l’ont jamais défendue. Les médias en ont fait leurs choux gras pendant des mois. Certaines de ses prétendues victimes se sont acharnées sur elle dans les journaux, à la radio et à la télé. Des politiciens et de supposés experts ont participé à son lynchage public. Mais sa version des faits, la vraie histoire de Matricule 728, personne ne s’est donné la peine de la connaître.

Dans ce livre percutant, qui se devait d’être publié à tout prix, Stéfanie Trudeau sort enfin de l’ombre et met ses tripes sur la table. Elle nous dévoile sa vie privée, son cheminement professionnel et nous amène avec elle sur le terrain, avec les policiers montréalais mal équipés qui faisaient face soir après soir à des manifestants souvent déchaînés. Elle nous raconte dans le menu détail comment, pour n’avoir fait qu’obéir aux ordres et effectué le travail pour lequel elle était payée, elle a vécu une descente aux enfers qui donne la chair de poule et qu’elle ne souhaite à aucun être humain. Une descente aux enfers qui n’est toujours pas terminée trois ans plus tard, et qui semble liée au fait que Stéfanie est une personne différente des autres, comme vous le constaterez.

L’avis de MissDupont :

Ah, ce fameux Printemps érable 2012 qui a fait couler beaucoup d’encre. Les médias n’en finissaient plus de nous rabâcher la même histoire au sujet de la fameuse Matricule 728. S’il y a une chose que la vie m’a apprise, c’est qu’il y a toujours deux côtés à une médaille et ce, peu importe de quoi il est question.

Lorsque j’ai eu vent, via les ondes radiophoniques, que Stéphanie Trudeau allait nous livrer sa version des faits sur les évènements dans lesquels elle était impliquée, c’est avec beaucoup d’intérêts que j’attendais de mettre la main sur l’un de ces fameux exemplaires.

Je ne crois pas vous l’avoir déjà dit, mais dans mon bagage de vie j’ai fait des études en Art et Lettres – Communication, donc le domaine des médias ne m’est nullement inconnu et je sais aussi (malheureusement) quels procédés doivent suivre certains journalistes quand vient le temps de divulguer certaines nouvelles… C’est un peu la raison pourquoi je visionne rarement les nouvelles télévisées, ni ne lit journaux ou revues à potins.

Sans vouloir partir un débat sur les évènements en question, je peux vous affirmer que Stéphanie Trudeau, la policière derrière la Matricule 728, n’est pas aussi coupable que les médias nous l’ont laissé entendre. Dîtes-vous que les gens au pouvoir ont le droit de décision sur tout et que souvent des ficelles sont tirées afin que certains évènements leurs donnent bonnes parures.

Je suis vraiment ravie d’avoir pu enfin connaître une autre version sur ce qui s’est passé et si vous me demandiez, suite à cette lecture, si je crois les propos de la principale concernée… mais réponse serait : «Oui! Totalement! ». Par contre, ce n’est pas ce livre qui a changé mes perceptions. Depuis le début, j'avais des doutes qu’il y avait quelque chose qu’on ne nous disait pas… pour moi, elle était victime de ce qu’on appelle « les dommages collatéraux » du système désuet québécois.

Mon geste a été critiqué sans cesse, mais j'aimerais souligner qu'après cette soirée du 20 mai, on n'a plus vu de scènes de violence au centre-ville jusqu'au week-end du Grand Prix de Montréal, au mois de juin suivant. À ce moment-là, comme le bordel semblait vouloir reprendre et que cela aurait nui à l'économie québécoise, les autorités ont finalement démontré du courage et ont appliqué la loi. Résultat : contrôle quasi total de la ville, une première en... quatre mois!

Extrait du roman

Publié dans Biographie, Témoignage, LittQc

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