Bondrée

Publié le par MissDupont

Bondrée

Auteure: Andrée A. Michaud
Éditions: Québec Amérique
Parution: Avril 2014
Pages: 296

Quatrième de couverture:

Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

L'avis de MissDupont:

Je suis plutôt mitigée face à mon appréciation de ce Polar de Andrée A. Michaud.

Ce roman a gagné de nombreux prix littéraire et je comprends pourquoi... Sa plume est tout à fait sublime, on dirait que les phrases ont été couchées sur le papier comme une douce mélodie. Les détails sur l’environnement de Boundary Pond sont bien intégrés, nous avons l’impression d’être sur les lieux, de ressentir le climat. Les pensées et réflexions des différents personnages face aux évènements sont bien rendus, on y croit, ils semblent être authentiques. Pour ce qui est de l’intrigue, nous sommes complètement bluffés!

Là où j’ai eu du mal, c’est au niveau de la narration et de la construction.

Pour la narration nous décelons une alternance entre un narrateur omniscient et un narrateur présent personnifié par la jeune Andrée. Par contre, même si celle-ci fait partie du récit, la narration n’en devient pas à la première personne pour autant. Malgré cela, j’ai préféré quand le récit était raconté par cette dernière car son adoration pour les filles qui disparaissent, nous amène une perspective différente face à cette tragédie. Malheureusement, j’ai été incapable de me lier aux personnages, provoquant ainsi un total détachement d’intérêt de ma part.

Pour ce qui est de la construction, nous avons ici une absence complète de dialogue, ce qui rend alors les paragraphes trop compacts. La lecture donne un effet de lourdeur et par moment ça devient assommant. Je ne doute pas que certains lecteurs puissent adorer cette construction particulière car ça sort de nos habitudes, mais personnellement ça m’a fait décrocher.

Un nuage assombrissait cependant le regard de Larue, aujourd'hui, un nuage qui ne se trouvait pas là habituellement, Zaza Mulligan, qui l'avait obligé à sortir des livres pour affronter la véritable odeur du sang. Les livres ne vous blessaient jamais, c'est pourquoi il les avait choisis. Chaque fois qu'il s'en éloignait trop, ce n'était que pour constater la douleur franche du réel, répandue jusque dans cette véranda, jusque dans les yeux de cette enfant, Andrée, qui répondait avec empressement aux questions qu'on lui posait, comme si elle croyait toujours possible de sauver Zaza Mulligan, car les enfants croyaient à la résurrection, à la réversibilité de la mort. Ils ne pouvaient admettre le caractère définitif de certains silences et parlaient aux défunts en espérant pouvoir un jour les prendre par la main.

Extrait du roman

Publié dans Polar, LittQc

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