La bête à sa mère

Publié le par MissDupont

La bête à sa mère

Auteur: David Goudreault
Éditions: Stanké
Parution: Avril 2015
Pages: 230

Quatrième de couverture:

"Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. » Le drame familial d'un homme seul. Et des chats qui croisent sa route.

L'avis de MissDupont:

Bien que le personnage principal (et donc le narrateur ici) soit un petit criminel minable, on se laisse vite prendre par son récit (bien articulé pour un boom), se demandant comment l'histoire va se terminer. Issu d'un milieu peu recommandable (sa mère faisait régulièrement des tentatives de suicide, collectionnera les familles d’accueil, tombera dans le vice de la consommation, commettra des vols en tout genre), on ne peut s'attendre à ce que sa vie d'adulte soit plus reluisante.

À plusieurs reprises, il m’a fait bien fait sourire car il justifiait toujours ses méfaits et ses opinions par "c’est documenté", parce que oui ce délinquant lit. L'auteur a bien réussit car même si le personnage est profondément perturbé et antipathique (menteur, manipulateur, voleur, égocentrique, toxicomane, harcelant, raciste, alcoolique, grand consommateur de pornographie, violent), j'ai presque eu pitié de lui et dans ses tentatives infructueuses pour renouer avec sa mère.

Certains passages étaient du délice littéraire au niveau de la formulation un peu loufoque:
"On n’est jamais si seul que par soi-même ";
"C’est agréable de respirer. On ne le réalise pleinement qu’avec des côtes et un nez brisés";
"Une danseuse en furie, c’est plus dangereux qu’un sac d’arachides dans une garderie";
"J’aurais mieux fait de naître bouvier bernois" quand il se rend compte que les animaux ont de meilleures familles d'accueil que les enfants de la DPJ.

Bref, j’ai bien aimé ce premier roman de David Goudreault.

Ce qui était pratique avec la bibliothèque municipale, en plus des livres à lire, de l’accès à Internet et des filles en jupe, c’est qu’elle était à deux pas d’un bazar. Un bazar qui rachetait les livres, à faible prix, mais en quantité. Je bourrais mon sac à la bibli et le déchargeais cinq bâtisses plus loin. Il n’y a pas que l’économie qui doit rouler, la littérature aussi.

Extrait du roman

Publié dans LittQc

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